Alexandra Valois en collaboration avec Flore Diradourian, Maximilien Minguet, Laetitia Mire, Pauline Larivier, Pauline Tableau, Maïlys Sarrazin, Charlotte Villard
Les refuges sont déjà là, très proches. D’un côté ceux du quotidien, les zones pavillonnaires à la périphérie du parc, et de l’autre, le château, au coeur de ce dernier. Ces deux univers cohabitent à portée de regard. Aussi, nous avions envie d’analyser leurs antagonismes et leurs similitudes au travers d’une installation implantée en un lieu stratégique qui facilite leur perception mutuelle. Elle souligne directement un rapport du château à son environnement proche, c’est à dire aux maisons pavillonnaires, à leurs clôtures, à leurs jardins. Cette confrontation explicitée entraîne un bouleversement, une perte de nos repères habituels. Elle révèle ce voisinage. Pour rendre perceptible l’existence des rapports entre le château et les pavillons actuels, nous utilisons des procédés cinématographiques et scéniques. Nous avons construit une structure monumentale de 6m par 3m proche du format 16/9 formant à la fois un écran, celui du cinéma, mais aussi un espace scénographie de déambulation publique. L’écran est perforé de six cadres de taille variable. Ces percées visuelles guident le regard du spectateur vers des détails architecturaux ou environnementaux choisis dans la zone pavillonnaire située en face. Ainsi mis en scène, décor et écran deviennent mode de lecture d’une réalité environnementale revisitée. Vécu et imaginaire seraient alors unis sur un même plan. L’interaction des différentes vues définies par les cadres permet la construction de séquences aussi bien le jour que la nuit. Le choix des matériaux est déterminant, révélateur. Le recto de l’écran est une surface miroitante en inox poli miroir qui amène une clarté, une profondeur, renvoyant les nuances de lumière avec subtilité, sans éblouir. Le verso, soutenu par une structure stable communément utilisée dans le milieu scénographique, permet d’affirmer le caractère éphémère de l’œuvre.
concours Art & Paysage, Artigues-près-Bordeaux, juin - septembre 2010


